Capitale historique du pays d'Iroise
Saint-Renan a été pendant des siècles le siège de la sénéchaussée du Léon, et son centre ancien en garde la trace : la place du Vieux-Marché et ses maisons à pans de bois des seizième et dix-septième siècles, des ruelles étroites, un tissu dense hérité du Moyen Âge. Autour de ce noyau, la ville s'est étendue en lotissements successifs à partir des années 1960, jusqu'aux plus de huit mille habitants d'aujourd'hui. Ces deux Saint-Renan appellent deux façons de travailler.
Désamianter dans le cœur ancien
Dans les rues du centre, aucun camion ne se gare au pied du bâtiment et aucune nacelle ne se déploie. Les annexes à traiter, souvent de petites remises ou des appentis de cour intérieure, sont couvertes de quelques dizaines de mètres carrés de plaques. Nous descendons alors les plaques une par une à la main ou à la corde, nous les palettisons en bout de rue sur une zone balisée, et nous limitons la durée d'occupation de la voirie au strict nécessaire. Le voisinage est prévenu par écrit la veille : dans un tissu aussi resserré, l'information vaut autant que le balisage. La proximité de bâtiments protégés oblige aussi à vérifier les autorisations d'urbanisme quand la dépose s'accompagne d'une repose de couverture visible depuis l'espace public.
Les lotissements et le lac
La partie récente de la commune, développée vers les anciennes carrières devenues plans d'eau, présente le profil classique du pavillon breton des années 1970 et 1980 : maison en parpaing enduit, garage attenant couvert en plaques ondulées, appentis de jardin, descentes d'eau pluviale en amiante-ciment. Les accès y sont larges, ce qui simplifie tout : camion au pied du bâtiment, benne posée dans l'allée, dépose en un à trois jours selon la surface.
Un passé minier qui ne change rien à l'amiante
Les lacs qui bordent la ville sont nés de l'exploitation de l'étain, arrêtée dans les années 1970. Ce passé industriel ne laisse pas d'amiante particulier dans le bâti, contrairement à ce qu'on nous demande parfois : l'amiante renanais est celui de tout le Finistère, importé et posé en matériau de construction. En revanche, les bâtiments techniques hérités de cette activité, remises et ateliers, sont exactement de la génération qui utilisait le fibrociment, et ils figurent régulièrement dans nos devis.