Un bourg résidentiel bâti d'un seul tenant
Bohars a grandi d'un coup. La commune comptait moins de mille habitants au milieu des années 1950 ; elle en a plus de trois mille aujourd'hui, et l'essentiel de ce parc s'est construit entre 1965 et 1985. Pour un désamianteur, cette date de naissance très concentrée est une information précieuse : elle place presque tout le bâti boharsien dans la fenêtre où l'amiante-ciment était le matériau de couverture par défaut des annexes.
Le pavillon type de la commune associe une maison en parpaing enduit et un garage attenant ou détaché, couvert en plaques ondulées grises. Ces plaques ont aujourd'hui entre quarante et soixante ans. Elles n'ont presque jamais été remplacées, parce qu'elles ne fuient pas tant qu'on ne marche pas dessus. Elles sont en revanche couvertes de mousses, et c'est cette végétation qui retient l'humidité et accélère la carbonatation du ciment.
La vallée de la Penfeld et les fonds humides
La commune descend vers la Penfeld sur son flanc est. Les parcelles situées dans ces fonds encaissés sont plus ombragées, moins ventilées et nettement plus humides que celles du plateau. Nous y trouvons systématiquement des toitures plus dégradées, avec un tapis de mousse épais et des plaques dont la face supérieure s'effrite au grattage. Sur ce type de support, nous imprégnons avant de toucher, nous démontons à deux et nous acceptons de perdre du temps plutôt que de casser.
Le site hospitalier et le bâti tertiaire
Bohars accueille aussi un site du CHU de Brest, et autour de lui des bâtiments techniques, des locaux administratifs et des logements de fonction datant des mêmes décennies. On y rencontre une autre famille de matériaux : dalles de sol vinyle-amiante dans les circulations, calorifugeages en sous-sol, conduits de désenfumage en amiante-ciment. Ces chantiers demandent un confinement et une organisation qui tiennent compte d'une activité qui ne s'arrête pas, ce que nous pratiquons couramment.
Ce que nous constatons sur nos devis boharsiens
Les surfaces sont modestes, entre 40 et 120 mètres carrés le plus souvent. Le prix au mètre carré s'en ressent : sur une petite toiture, le forfait d'installation, la protection du sol et la rotation de la benne pèsent proportionnellement plus lourd que sur un hangar. Beaucoup de propriétaires découvrent en même temps que les faîtières et les descentes d'eau pluviale sont elles aussi en amiante-ciment. Nous les intégrons au plan de retrait plutôt que de les laisser en place : un bâtiment traité à moitié reste un bâtiment amianté.