Une commune coupée en deux par l'activité économique
Gouesnou présente un profil peu commun dans la métropole : un bourg ancien organisé autour de son église et de sa fontaine, des lotissements résidentiels, et sur son flanc sud une des plus grandes zones d'activité du pays de Brest, partagée avec la commune voisine. Cette dualité se retrouve dans nos carnets de commandes. Une semaine sur deux, nous sommes sur une couverture d'entrepôt de plusieurs centaines de mètres carrés ; l'autre semaine, sur un garage de pavillon.
Les entrepôts et ateliers des années 1970 et 1980
Les bâtiments d'activité construits pendant ces deux décennies utilisaient massivement la plaque ondulée en amiante-ciment, pour la couverture comme pour le bardage vertical. Le matériau était bon marché, résistant au feu et facile à poser en grande longueur. Quarante ans plus tard, ces bâtiments sont soit à rénover, soit à démolir, soit à revendre, et chacun de ces trois scénarios déclenche l'obligation de traiter l'amiante. Sur ces surfaces, le tonnage devient le poste dominant : une plaque ondulée pèse entre 16 et 20 kilos au mètre carré, ce qui met une couverture de 600 mètres carrés autour de 12 tonnes de déchets dangereux à évacuer.
Travailler sans arrêter l'exploitation
La difficulté propre à Gouesnou n'est pas technique, elle est logistique. Les bâtiments concernés sont presque toujours en activité : entrepôts de stockage, ateliers, locaux de distribution. Nous procédons alors par bandes, en libérant successivement des zones de quelques dizaines de mètres carrés, avec cloisonnement provisoire au sol et protection des marchandises. Le bâtiment reste couvert et exploitable en permanence. Cette méthode allonge le chantier d'environ un tiers, mais elle évite l'arrêt d'activité, qui coûte toujours plus cher que le surcoût de phasage.
Les hameaux agricoles du nord
Au nord de la commune, vers la campagne, subsistent des exploitations et d'anciens corps de ferme. Les stabulations, les hangars à fourrage et les silos y ont été couverts en amiante-ciment dans les mêmes années. Ces chantiers ont leurs propres contraintes : présence d'animaux, périodes de récolte à éviter, accès par des chemins qui ne supportent pas un porte-char. Nous adaptons le matériel, jamais le protocole, et nous calons systématiquement les dates avec l'exploitant plutôt que l'inverse.